La première histoire

De Les Pèlerins de Torus
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Chronique rédigée pour la postérité par Asor

L'arrivée

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La première chose dont je me souviens est la chaleur du soleil sur mes écailles, le vent sur mon visage. Autour de moi, de l'herbe, des arbres, des rochers. De la pierre taillée sous mes pieds. Un paysage à perte de vue, au delà des arbres. La seconde chose dont je me souviens est la pression énorme exercée sur mon dos. J'ai été propulsé en avant, gardant mon équilibre de justesse. D'un coup d'oeil, j'ai compris que je n'étais plus seul. Des dizaines, puis des centaines de Pensants sortaient d'une sorte de portail. Je me rappelle la confusion, les cris, la masse qui se répands autour du portail, entre les arbres, entre les rochers.

J'ai escaladé un roc, pour ne pas me faire emporter plus loin. La foule continuait à sortir hors du portail. Tout les pensants étaient représenté : mes frères Gallahmiens, les Sphax, les Quitr, les Ptawemis (qui se faisaient emporter beaucoup plus vite qu'ils l'auraient aimés), les Telepoks se faufilant entre les jambes pour ne pas finir écrasés, les Dai'Ryrneset les Kizils. J'ai ressentis de l'étonnement : pourquoi toutes les espèces étaient-elles rassemblées en un seul endroit ? Et pourquoi est-ce que je m'étonne de ça ? J'ai essayé de me creuser la mémoire. Mais rien. Aucuns souvenirs plus anciens que de sortir du portail.

Autour de moi, la foule arrêta de se déplacer. De ma position stratégique, j'ai observé la raison : le portail était clos. Mais qu'y avait-il derrière ce portail ?

Tout le monde semblait sous le choc. Petit à petit, la vacarme des discussions s'est levé. Les questions que je me suis posées, tous se les posaient, interrogeaient leurs voisins. Personne n'avait de réponses.

L'organisation

C'est alors qu'un miracle se produisit. J'ai vu la Reine Sphax porter une Gallahmienne à la vue de tous. Celle-ci porta la main à son cou, d'où une lumière scintilla. Pensants ! dit-elle d'une voix amplifiée par magie, Calmez vous, écoutez moi !. Et, chose étonnante, la foule s'est calmée. Toute seule, avec 5 mots, elle réussi à obtenir le silence de centaines d'âmes. Je m'appelle Sars. Je ne sais pas plus que vous sur cet endroit. Mais je sais une chose : nous n'arriverons à rien si nous restons à nous questionner sans agir. Je ne peux pas vous promettre des réponses, mais je peux vous aider à trouver le temps de les rechercher. Je demande à ceux qui s'en sentent capable de se rapprocher de moi. Nous allons prendre les choses en main.

La foule a commencé à murmurer, puis à bouger. Tandis que de nombreuses âmes s'éloignaient de Sars, d'autres s’approchaient. Très vite, un périmètre a été délimité autour du portail. Ceux qui marchaient sur les dalles taillées étaient volontaires.

Sars forma des groupes en fonction des affinités de chaque espèces. Aux kizils, elle demanda de trouver des plantes commestibles. Aux quitr, de chercher après des animaux qui pouvaient être chassés pour leur viande et leurs fourrures. Les dai'ryrnes étaient en charge de l'eau potable. Les sphax s'occuperaient des logements pour tout le monde, les gallahmiens s'occuperaient des non-volontaires afin d'aider ceux qui en avaient besoin. Finalement, les télépoks devaient explorer la région aussi rapidement que possible et les ptawemis devaient se séparer dans chaque groupe pour maintenir des connexions télépathiques et partager les informations.

Les groupes ont commencés à accomplir leurs missions aussi prestement que possible. Les télépoks ont découvert très vite que nous nous trouvions sur un éperon dressé dans une plaine. Ils ont commencé à explorer les alentours aussi vite que possible. Les dai'ryrnes ont constaté la présence d'une source non-loin du portail, mais au débit insuffisant pour abreuver tout le monde. Heureusement, une rivière non loin a été révélée comme potable pour toutes les espèces. Les sphax ont commencé à creuser l'éperon, réalisant en un temps records un réseau de galeries. Ils ont connecté des grottes naturelles et ont permis de loger en sécurité la majorité de la foule présente. Les kizils et les quitr ont trouvé de la nourriture. Ils ont réalisé un grand nombre d'aller-retour, sur les informations des télépoks, pour essayer de nourrir tout le monde. Les gallahmiens distribuaient les vivres à ceux qui en avaient le plus besoin, et se sont assurés que tout le monde puisse manger un petit peu. Et au centre de tout ça, Sars, immobile et les yeux fermés, a orchestré l'établissement de la première colonie. Elle a répondu à d'innombrables questions, demandes d'encouragement, dispensait ses ordres par l'intermédiaire des ptawemis restés prêt d'elle.

Grâce à elle, nous avons survécus.

Le quotidien

Sars a réalisé l'impossible : elle a organisé la vie des septs peuples autour du portail. Ce n'était pas toujours facile. Nous avons eu des pertes. Des télépoks ont été attaqués par des créatures pendant qu'ils exploraient. Des sphax qui ont creusé trop profondément ont disparu; les tunnels ont été condamnés. Des malades, des blessés lors de l'Apparition. Mais tout cela aurait été bien pire si elle n'avait pas parlé lors de notre arrivée ici.

Sars a rassemblé des portes-paroles de chaque espèces autour d'elle. Elle a formé un conseil de sept âmes, représentant les sept peuples vivant dans une harmonie précaire. Ensembles, ils ont essayé de rendre la vie la plus agréable possible pour tout le monde. C'était bien entendu une mission difficile : nos espèces ont des besoins trop différents les une des autres. Mais le plus important, ce que tout les Pensants voulaient, c'était des réponses aux Questions : d'où venons-nous ? Pourquoi sommes nous ici ? Qu'avons nous tous oublié ? Nous nous rappelons de nos noms. Nous connaissons les outils, les armes, des techniques. Nous avons gardé en mémoire des chansons, des histoires pour les enfants. Mais rien qui ne nous éclaire sur notre passé. Certains Pensants sont apparus avec des objets. Souvent déjà usés par un long service, parfois magiques. Le collier de Sars, maintenant épuisé, en a fait partie.

Il n'y a pas grand chose à dire sur cette période. Nous n'avons pas vécu : nous avons survécu.

Le départ

Après trois mois, nous avons du nous rendre à l'évidence : le printemps touchait à sa fin, l'été arrivait. Sans savoir comment nous le savions, nous le savions. Et une réalisation a fait son chemin des les esprits : nous ne pourrons pas nourrir tout les Pensants pendant l'hiver. La décision de la Grande Séparation a été prise par le conseil des sept. Chaque peuple partirais de son côté, à la recherche d'un endroit convenant à ses besoins. Quelques représentants de chaque peuples allaient rester sur place, dans l'attente de l'ouverture du portail.

Aucuns adieux déchirants, aucune fête, rien n'a été organisé ce jour là. Nous avions survécus ensembles, mais nous avons du nous séparer pour pouvoir commencer à vivre. Chaque année, au solstice d'été, les peuples enverront des représentant auprès du portail pour échanger des nouvelles et s'entraider au besoin.

La dernière décision du conseil a été de nommer l'endroit : Nemros. La plaine autour a été nommée Calibe. Ainsi est née Nemros, plus ancienne ville du monde connu, située au cœur de la plaine de Calibe et du monde. Les galeries ont été désertées, et ceux qui sont restés se sont installés autour du portail, dans des maisons construites pour les kizils.

Ce qui est arrive à Nemros par la suite, je ne peux pas le raconter car, comme la majorité de mon peuple, j'ai suivi Sars la Magnifique, vers la première colonie gallahmienne. C'est maintenant que notre histoire commence.