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De Les Pèlerins de Torus
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JE SUIS KARTOKA !
JE SUIS KARTOKA !
[[Category:Récit]]

Version actuelle datée du 23 mars 2021 à 18:09

Nous nous tenons devant la Reine-Mère. Elle nous a conviés à un entretien. Nous sommes honorés et surpris par cette demande. Nous ne pensons pas avoir fait quelque chose digne d’une rencontre avec la Reine-Mère.

Même lorsqu’Elle est allongée, la Reine-Mère nous domine. Elle est grande, bien plus grande que nous le sommes. Surtout, Ses pensées nous submergent. Nous pouvons La sentir depuis chaque parcelle de KazarKaltak. Plus nous nous rapprochons de Sa résidence, plus Ses désirs nous sont apparents. Être dans la même pièce qu’Elle, c’est une expérience déroutante, presque trop riche pour nous. Nous avons du mal à former des pensées.

- « Mon enfant, j’ai entendu une histoire curieuse te concernant. Une histoire qui se serait passée hier, alors que tu étais en mission de récolte. Raconte-là moi »

Nous avons du mal à saisir les mots employés par la Reine-Mère, mais nous nous mettons à parler tout de suite. Ses désirs deviennent notre réalité, surtout lorsque nous nous tenons si près d’Elle.

- « Reine-mère, hier nous étions en train de récolter des vivres pour l’essaim. Nous avons perçu une ombre qui s’étendais sur notre groupe. Nous avons levé les yeux et avons vu un grand vautour blanc. Nous ne savons pas grand-chose sur ces animaux, Reine-Mère. Nous voulions que la mission soit un succès, alors nous avons prévenu la partie de l’essaim qui était présente de partir avec les vivres. Nous avons soulevé un arbre qui était tombé et reposait près de nous. Lorsque le grand vautour blanc a attaqué, nous l’avons frappé de toutes nos forces avec l’arbre. »

- « Mon enfant, voilà qui était très courageux. Je doute cependant que cela suffise à arrêter cette créature. »

- « Vous avez raison, Reine-Mère. Nous avons vu que nous n’avions fait que retarder l’inévitable. Alors nous nous sommes emparés d’un rocher et avons attendu le retour du grand vautour blanc. Nous l’avons frappé de toutes nos forces, en visant le bec. Nous ne savons pas pourquoi, mais il a essayé de le briser comme il avait brisé l’arbre. Le rocher était plus solide que son bec. Il est parti après ça. »

La Reine-Mère sphax prend un instant pour réfléchir. L’essaim est envahi par une multitude d’images et de sensations provenant de la génitrice. Finalement, les pensées se calment.

- « Mon enfant, ton histoire te fait honneur. Confronté à l’inconnu et au danger, tu as su t’adapter pour résoudre le problème. »

- « Reine-Mère, nous n’avons fait qu’accomplir notre tâche »

La gigantesque créature balaye l’argument avec un mouvement de son bras. Nous en sentons le souffle.

- « Combien d’autres de mes enfants ont participé pour repousser le vautour ? »

- « … »

- « Pour ta bravoure, je vais te récompenser. Approche. »

Nous nous approchons de la Reine-Mère. Elle nous saisit dans ses bras et nous soulève du sol comme si nous ne pesions rien. Tendrement, elle nous embrasse sur le front.

Notre tête explose. Nos idées se mélangent les unes aux autres tous en s’éloignant. Nous sommes déchirés, perdus, trouvés. Nous ne comprenons pas, Nous ne ressentons plus rien, mais nous le ressentons de façon plus intense que tout ce que nous avons ressentis jusque-là.

- « Enfant, tu as prouvé que, parmi l’essaim, tu étais unique. Aussi je t’offre une identité qui te sera propre. Mon enfant, je te nomme Kartoka. Puisses-tu utiliser cette récompense pour le bien de l’essaim »

Kartoka se rend compte qu’il est au sol. Quand a-t-il été posé par la Reine-Mère ? Ses pensées sont assourdissantes dans le silence de son esprit. Kartoka ressent une sensation de perte. Mais aussi d’un gain.

Peut-être que…

Il semble à Kartoka que…

Kartoka... est Kartoka.

L’essaim... n’est pas Kartoka.

Kartoka... n’est plus l’essaim.

Kartoka est seul... dans la foule.

Je… suis… Kartoka…

JE SUIS KARTOKA !